La revue

Trois numéros de la revue

La revue Arkhaï est sensible à toutes les formes d’« inter- », de « trans- », de « pluri- » ou d’« in »disciplinarités et une attention particulière est apportée à des productions qui ne trouveraient pas leur place dans des revues académiques, en raison par exemple de leur caractère non disciplinaire ou expérimental. Cependant, Arkhaï n’exige pas de manière inconditionnelle cette orientation de chacun des auteurs, qui peuvent aussi proposer des contributions relevant de leur domaine de spécialité académique s’ils en ont. C’est avant tout le numéro pris dans son ensemble qui garantit la pluralité des approches et le décloisonnement disciplinaire.

Le pluralisme a priori illimité défendu par Arkhaï dans les méthodes, les approches et les types de production se prémunit de la dispersion grâce à l’intervention du comité éditorial. Au moyen d’appels à contributions mais aussi d’invitations ; au moyen de la sélection des productions et éventuellement de suggestions aux auteurs ; au moyen de tout type de paratexte ou autre médium susceptible de lier les contributions des auteurs (au-delà des traditionnelles présentations qui ouvrent les ouvrages collectifs), il revient au comité éditorial de garantir l’unité relative de chaque numéro. Chaque livraison d’Arkhaï peut ainsi constituer un genre d’essai à plusieurs mains, dont le comité éditorial est également l’auteur (qu’il y ait ou non, par ailleurs, de contribution expresse d’un membre du comité).

L’unité du numéro est également garantie par la détermination, à chaque fois, d’un objet spécifique. Cet objet est choisi pour sa capacité à appeler et stimuler cette diversité des approches théoriques et des formes de productions. Sous la forme d’un mot ou d’un groupe de mots, il donne son titre à chaque numéro. C’est un terme, une notion, un lieu commun, une métaphore, une expression, en français ou non, qui circule en divers lieux du social ou de l’esprit public et qui appelle problématisations, interprétations et déterminations.

Ce n’est pas qu’Arkhaï ait vocation à commenter l’actualité ; mais pour contribuer à une culture vivante, qui ne soit pas surdéterminée par des savoirs et des pratiques spécialisés et puisse avoir prise sur un large public, Arkhaï cherche à partir du donné, de ce dont est possible, à divers degrés, une expérience partagée (au travers des discours, images, éléments de langage, transformations de nos environnements et de nos formes de vie…). L’essai à plusieurs mains que constitue chaque numéro d’Arkhaï veut ainsi, en lançant des coups de sonde dans l’étoffe du présent, contribuer à qualifier, mettre en forme et critiquer – analyser pour évaluer et peut-être contester – notre expérience.

En défendant la possibilité d’une unité relative de sens et d’intention sans préjudice – ou même en vertu – de la diversité des perspectives, Arkhaï défend un certain esprit ou attitude philosophique. Ce faisant, Arkhaï ne défend pas d’école ou de courant philosophique particulier mais considère favorablement les orientations anti-réductionnistes et pluralistes en philosophie.

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Histoire de la revue

Ancien logo de la revue
Ancien logo de la revue

L’aventure de la revue Arkhaï débute en 1992 par la rencontre d’Ákos Dobay et de Nicolas Monod, alors étudiants respectivement en physique et en mathématiques à l’Université de Lausanne. Ils décident d’imprimer un manifeste pour dénoncer le cloisonnement disciplinaire dans les milieux académiques : le manifeste est composé de textes mobilisant connaissances scientifiques, mathématiques, logique formelle, théologie et philosophie, réunis dans un fascicule relié à la colle et distribué aux étudiants. C’est alors que l’idée de lancer une « vraie » revue naît : le premier numéro est augmenté d’un texte de Zoltán Bécsi et d’une couverture de Simone Bivol sur le thème de l’homme ailé, thème qui est conservé (en couverture) pour les numéros qui sortent entre septembre 1993 et février 1996, qui marque le premier moment de la revue.

En 2003, un nouveau comité est formé avec Daniel Eisler, Christophe Herzog et Cécile Laurent, rencontrés par Ákos dans le cadre de la classe de composition musicale de Lucian Meţianu. Olivier Chenevart, un ancien camarade d’études d’Ákos, conçoit une toute nouvelle mise en page. L’impression de la revue, assurée jusqu’alors par la reprographie de l’UNIL, bénéficie désormais d’une imprimerie : les presses Chabloz SA situées à Lausanne pour les numéros 8 à 10 et les presses Courvoisier-Attinger SA à Bienne pour le numéro 11, qui est aussi le premier numéro en couleurs. Les numéros suivants (12 à 14) sont imprimés en Allemagne, où les recherches académiques d’Ákos se poursuivent durant quelques années. C’est le deuxième moment de la revue.

Vernissage du numéro 15
Vernissage du numéro 15 (19 mai 2016)

Les projets de chacun amènent de nouvelles bifurcations personnelles, mais aussi de nouvelles rencontres : un nouveau comité est créé avec Pierre Fankhauser, Éric Duvoisin et Olivier Chenevart et le numéro 15 en avril 2016. Toutefois, les distances géographiques ainsi que d’autres projets qui occupent le comité remettent malheureusement la revue en pause. Le troisième moment aura été bref.

Ákos, qui avait rencontré Jamil Alioui dans le cadre de la classe de Meţianu et qui l’avait déjà invité à contribuer au numéro 15, lui fait part de son désir de remettre le flambeau à une équipe renouvelée, plus jeune et plus disponible pour le projet. Le 1er février 2019 Jamil, après quelques mois de réflexions, réunit quatre camarades et collègues chercheurs: Matthieu Amat, Colin Pahlisch, Lucas Perdrisat et Olivier Stucky. Le 4 juillet 2019, l’AG inaugure un quatrième moment et la revue redémarre avec de nouveaux statuts, une nouvelle charte éditoriale, un comité tout neuf et un projet de numéro à venir pour 2020.